dimanche 30 décembre 2007

Biodiesel à partir de microalgues

L’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) travaille actuellement à la production de biodiesel à partir de microalgues.

Ce projet, dénommé Shamash, du nom du dieu soleil dans le panthéon mesopotamien, est mené en collaboration avec sept autres laboratoires français – dont l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), le CNRS et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Les microalgues offrent en effet d’importants avantages par rapport aux oléagineux terrestres :
  • leur culture n’entre pas en conflit avec celle des plantes terrestres, comme c’est le cas pour le blé, le maïs ou le colza,
  • leur rendement de production d’huile à l’hectare est supérieur d’un facteur trente à celui des oléagineux terrestres),
  • les algues se développant en milieu liquide, leur culture contrôlée en circuit fermé permet de limiter les rejets d'engrais et de pesticides dans la nature,
  • elles prolifèrent rapidement et peuvent fournir une récolte en continu,
  • dans le cas d’algues se cultivent avec de l’eau de mer, leur culture ne nécessite pas de puiser dans les réserves d’eau douce.
Le procédé de transformation requiert de l’énergie mais demeure relativement simple à mettre en œuvre puisqu’il suffit, après avoir cultivé les algues, de les presser dans une centrifugeuse pour en extraire l’huile.

Huit souches de la famille des diatomées font l’objet d’une attention particulière. Ce phytoplancton très répandu dans les eaux salées a une richesse en lipide pouvant atteindre 70% de sa masse lorsqu’il subit un stress métabolique.

Les microalgues ont besoin, pour se développer, de CO2 et de déchets organiques – azotes, phosphates, nitrates. Leur culture pourrait donc constituer une alternative au stockage de CO2 en sous-sol et / ou permettre le retraitement d’eaux usées. Toutefois, le coût de production du biodiesel à partir d’algues est, à ce jour, bien supérieur à celui du diesel tiré d’hydrocarbures.

Source : Figaro, 20/10/07